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franzsblog

Pseudo: francisCatégorie: LoisirsFais tourner ce blog!
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Jeudi 15 Mars 2007
 
 
24fév

Je me promène seul dans les rues. A 8h00, le bazar est désert, seuls quelques artisans sont à l'oeuvre : boulanger, mécano, ... Je visite 2 mosquées. L'une d'elle est complètement déserte. Je m'assieds quelques instants, goûtant la quiétude du lieu. Déchaussé, assis sur le tapis, le contact avec le sacré a quelque chose de plus direct.
Retour au grand air. Cette fois, le bazar est bondé. Il y a de l'or partout, des tapis, des sacs de voyage ou des produits de soin. Mais personne ne m'invite à rentrer dans sa boutique. On me salue ça et là, mais pas de forcing pour acheter quelque chose. Rien à voir avec l'acharnement des vendeurs d'Istanbul. Ici, on ne prend pas (forcément) les étrangers pour des porte monnaies dont il faut arracher jusqu'au moindre centime.
 
Retour à l'hôtel pour prendre mes bagages. Je prends quelques photos de la cour intérieure. En été, sans le toit de bâche plastique, ça doit être vraiment magnifique.
 
A l'aéroport, je fais la connaissance de Tanya. D'origine cosmopolite (anglaise, française et turque) elle est en Iran pour 8 mois afin d'apprendre le persan. Nous avons le temps de discuter, l'avion à 2h de retard. Nous échangeons nos impressions sur le pays. Son copain vient de Manchester et passe également quelques mois ici pour apprendre la langue. Contrairement à elle, il a besoin d'une pause d'Iran. Les écouteurs de son ipod vissés dans les oreilles, il ferme les yeux et s'évade probablement dans son pays natal. A cet instant, je ne l'ai pas compris. Aujourd'hui, je le comprends très bien.
J'ai aussi le temps de me familiariser avec les toilettes locales. Jusqu'ici, il y avait toujours du papier dans les toilettes des hôtels, mais à l'aéroport, on fait couleur locale. Le papier n'est pas oublié, il ne fait pas partie de la procédure ! Il y a un tuyau de douche à côté des toilettes, ce n'est pas pour nettoyer la lunette, mais le derrière. D'ailleurs, les toilettes sont à la Turque, et il n'y a donc pas de lunette... Et ceci me fait aussi voir sous un jour tout autre le petit tuyau dans les toilettes en Turquie ! Bref... Moins bien organisé que Richard, je n'ai pas de PQ avec moi, mais des mouchoirs en papiers. Pour terminer sur ce sujet sous la ceinture, sachez enfin que j'ai trouvé du savon dans TOUS les chiottes de ce pays, même dans les plus pourris. Alors qu'en France ou en Allemagne, la plupart des toilettes sont peut-être propres (et encore) mais il manque souvent du savon ou du papier pour s'essuyer les mains...
A peine arrivé à Téhéran après un super vol avec Iran Air (vous ai-je déjà parlé des hôtesses de l'air ???) voilà qu'on enchaîne avec un nouveau vol vers Bandar e Abbas. En fait, il s'agit là de la 2e grande attraction du circuit : un vol en Boeing 727 ! Et en plus, comble de bonheur, il fait un stop à Ispahan. C'est donc comme si on volait 2 fois !!!! Mais les gus ne semblent finalement pas si excités que ça puisque, à peine décollé, tout le monde dors. Pourtant, à voir leur excitation à l'aéroport, j'essayais de trouver des comparaisons : voler en 707 (prononcez "Seven O Seven" ou "Sieben Null Sieben") ou 727, c'était comme jouer avec Zidane lors de son dernier match avec le Real ou... un truc du genre. J'ai pas vraiment trouvé de comparaisons en fait. Bref, voler dans un 727, c'est comme voler dans tous les autres avions. C'est un peu chiant, ça secoue un peu, y a pas grand-chose à faire si ce n'est discuter avec son voisin et attendre que ça se passe.
A Bandar e Abbas, on sent tout de suite qu'on est arrivé ailleurs. Il fait chaud et humide, même à 20h. On rentre à 4 dans un taxi, bagages sortant du coffre ouvert, et on fonce vers l'hôtel. C'est un grand complexe luxueux. Aucun charme. Mais je sens que cette halte dans le luxe va m'arranger. Après avoir fait tous les tiroirs, je trouve enfin ce que je cherche : un kit de couture ! et hop, 2 temps 3 mouvements, je referme grossièrement le trou de mon sac à dos qui devenait béant.
Comme on a mangé 2 fois dans l'avion, personne n'a vraiment faim. On se retrouve à l'extérieur pour prendre une bière (sans alcool) avec les autres. On s'installe confortablement sur de grandes banquettes (en fait, c'est comme un grand lit, avec de quoi s'adosser sur 3 côtés et des tapis pour ne pas être directement sur le bois - un peu comme dans la cour intérieur à Yazd) et on fume la chicha. Ça discute surtout aéronautique et ça commence à être chiant... On fait aussi un petit tour pour voir la mer. Il fait très doux, il y a des palmiers, un petit vent frais. Sur la plage, il y a un peu d'agitation. Roulant à même la plage, des voitures s'approchent de l'eau, tous feux éteints. Les occupants chargent des caisses apportées par des coques de noix naviguant aussi très discrètement. En fait, il s'agit de contrebande pratiquée avec les principautés pétrolières qui sont en face (embargo oblige...). En quelques minutes, ce ballet silencieux se termine et tout le monde repart de là où il est venu. Restent les touristes un peu incrédules d'être les témoins de ce manège.
Bon, je vous mets encore quelques photos de Yazd, parce que c'est super joli.
 
 
publié par francis dans: franzsblog
Dimanche 11 Mars 2007
 
23fév

Petit déjeuner buffet : fromage de chèvre, crudités, saucisses, ... mais aussi beurre et confitures, ainsi que gâteaux. Le pain est fait sur place. D'abord, la pâte en forme de boule est étalée, un peu comme une pâte à pizza. Puis elle est placée sur un support convexe que le boulanger met sur sa main tel un gant de toilette. Un bon coup de poignet, et hop !, la pâte est expédiée dans le four : elle est collée quelques minutes sur les parois intérieures, le temps que ça cuise !
Il en sort une galette bien cuite et extra bonne. La journée commence bien !
Ce matin, nous commençons par la visite du musée national. Il s'agit d'une expo d'objets plus ou moins préhistoriques ainsi que des poteries. C'est surtout la première fois que le groupe est au complet et les participants en profitent pour faire connaissance. Il est surtout question d'aéronautique et du fameux vol de l'après-midi avec LE Boeing 707. Moi, je laisse le groupe après la visite et me rends à l'aéroport pour mon vol vers Yazd. Dans la salle d'attente du terminal 4, un écran géant passe des extraits de films d'action américains (Terminator, ...) ainsi qu'un résumé de 20 secondes de la coupe du monde de foot 2006. Venir se faire narguer jusqu'ici...
Après un vol très sympatoche, accompagné de sublimes hôtesses d'Iran Air, j'arrive à Yazd où le temps est magnifique. On atterit en plein milieu du désert, mais au loin, on voit les montagnes couvertes de neige. Féérique. Par contre, tout ne se passe pas comme prévu : personne n'est là pour me chercher. J'avais convenu avec l'agence qu'un guide viendrait me prendre ici et qu'il m'emmènerait par monts et par vaux. J'attends un peu mais après une vingtaine de minutes, je me résous à appeler l'hôtel. Là-bas, on ne parle pas très bien
l'anglais et on n'est pas très au courant. Je prends donc un taxi. Quand j'arrive au Silk Road Hotel, Ali le responsable vient d'arriver aussi. Il n'est au courant de rien mais prends les choses en main et cherche un guide dans ses connaissances. Après quelques thés, il me dit qu'il n'a trouvé personne et qu'il allait alors se charger de me faire visiter la ville. Sa femme nous accompagne. En route pour les tours du silence. C'est le lieu où les
zoroastriens pratiquaient le décharnement (aujourd'hui interdit). Je passe sur les rites funéraires des zoroastriens, mais effectivement, ces vieilles pierres invitent au silence. Pour en savoir plus, rdv sur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Zoroastrisme
Retour en ville, direction une salle de zurkhaneh. Il s'agit d'un rituel sportif et spirituel où les athlètes manient de gros instruments guerriers, un peu obsolètes... Pas de bol, ce soir c'est relâche, donc rien à voir si ce n'est la salle : voûte de briques, fosse avec une étoile en son centre. Du coup, on continue vers un salon de thé. Il s'agit d'anciens bains où, à la place de l'eau, on trouve maintenant des tables et des chaises. Un petit bassin et une odeur de chlore rappellent l'origine du lieu. Pas un touriste mais une multitude d'enfants : c'est soirée scolaire. L'endroit étant aussi bruyant qu'une piscine couverte aux heures de pointe, on met les voiles. On enchaîne avec un tour de la vieille ville. Petites ruelles étroites, délimitées par les murs en pisé des maisons. Ce labyrinthe est tout aussi charmant de jour que de nuit.
Après une petite heure à déambuler, nous nous rendons à présent à la mosquée Imamzadeh Jafahr. La façade à l'entrée est toute en faïence. A l'intérieur, les voûtes sont couvertes de petites glaces et de carreaux scintillants. Il suffit de quelques lampes pour qu'il fasse clair comme en plein jour. C'est l'heure de la prière, il y a beaucoup de monde et je me sens terriblement étranger sous les regards obliques des croyants. Ali me met à l'aise, me guide et m'explique un peu. Je reste quelques minutes tout seul pendant qu'il fait ses ablutions puis sa prière. Le gardien des lieu m'autorise à prendre une (juste une) photo. Je suis tendu et me précipite un peu. La photo ne donne rien... On s'en va. Le préposé aux chaussures, qui passe sa soirée masque sur le nez dans une pièce bourrée de pompes et autres sandales (qui n'est pas sans me rappeler une pièce à l'internat), nous rend nos grolles.
Ali et sa femme se sont rencontrés par leurs parents. Voilà un an qu'ils sont mariés et donnent tous les signes d'un bonheur parfait. Ali me dit que les femmes iraniennes sont très bien parce qu'elles aiment beaucoup leur mari. Mais que par contre, elles ne sont pas très indépendantes : il n'a pas l'air d'avoir très envie d'aller voir ses beaux parents en Inde, et elle n'a pas envie de s'y rendre sans lui. Il faut dire qu'il passe beaucoup de temps à son boulot : le premier hôtel est presque fini, le 2e en rénovation. (Mais que voulait-il vraiment dire par là ?) Comme probablement tous les iraniens qui travaillent dans le tourisme, il n'est pas très ravi des velléités nucléaires de son pays.

Mon premier contact avec une iranienne s'est fait à Cologne ! Il s'agissait de l'hôtesse sur le vol Iran Air qui m'emmenait à Téhéran. Ce qui m'a frappé en premier, c'était son nez refait et ses lèvres siliconées. Franchement, il y a des fois où ça se voit vraiment quand un nez ou des lèvres sont passés au bistouri et à la seringue. D'ailleurs, surtout à Téhéran, il n'est pas rare de voir des filles (et quelques gars) au nez très fin ou alors avec un pansement sur le pif. Est-ce ça, l'Iran ?! J'en parle autour de moi et le guide me confirme que, après les Etats-Unis, l'Iran est le pays où se pratique le plus d'opération de chirurgie esthétique. Surprenant ! Revenons en aux hôtesses de l'air. Toutes les compagnies iraniennes respectent le code vestimentaire islamique et portent donc le voile.  Je suis désolé de ne pouvoir vous montrer une photo de ce superbe uniforme (un peu cintré et près du corps soit dit en passant, est-ce que ceci est bien conforme ?) car il est interdit de prendre des photos dans les avions ou les aéroports. L'uniforme donc, ne laisse voir que le visage. Mais je trouve que la beauté n'en est qu'accentuée, que plus éclatante, que plus troublante... (Ceci dit, je ne suis pas favorable à ce code vestimentaire ; hormis pour l'interdiction des shorts !)
Mais, chape de plomb du régime oblige, le flirt n'est pas bien vu ici. Je ne sais pas s'il y a des flics en civil partout dans le pays (probablement, mais comment les reconnaître ?), en tous cas, dans l'avion, on les reconnaît. Tout vol est accompagné par au moins 2 types pas très souriants. Air sombre, l'un est assis à l'avant de l'appareil et passe son temps à regarder ce qu'il se passe en cabine. Le second est assis à l'arrière et a le même passe temps...

publié par francis dans: franzsblog
Mardi 06 Mars 2007

Bienvenue sur mon blog tout frais tout neuf.

Je commence par un petit récit sur mon voyage en Iran.

Comme vous le savez, je ne suis pas Nicolas Bouvier, alors ne vous attendez pas à de la grande littérature, mais plutôt à un gentil récit un peu naïf.

 

 

 

22 fév 07

A l'aéroport de Téhéran, les formalités pour le visa sont très simples. Il suffit de remplir un document avec quelques informations ainsi que son numéro de passeport, blablabla... c'est rapide et pas cher : 40 eur à la place des 60 demandés en Allemagne.

Un visa de 7 jours est délivré, non extensible.

Je n'étais pas complètement rassuré au départ sur ce visa parce qu'en fait je serais 8 jours sur place. A l'ambassade d'Iran à Paris, ils m'avaient dit que j'aurais peut-être une amende à payer. Que nenni, le tout a été réglé en moins de 20 minutes et le type était très cool. Il m'a même sorti une super vanne : « oh, your name is Keller, I hope you're not a killer ! » J'ai un collègue en Slovaquie qui me sort la même à chaque fois qu'il me voit...

 

 

 

L'atterrissage à l'aéroport de Mehrabad est impressionnant. Situé en plein milieu de la ville, il faut survoler les habitations à basse altitude un long moment. A la dernière rotation on a l'impression que l'aile va toucher le toit des immeubles tellement nous en sommes proches. 

La ville la nuit est magnifique vue de l'avion. Les grandes artères sont illuminées de jaune en pointillé de réverbères. Elles délimitent des zones tantôt sombres, tantôt tachetées de vert, de blanc, des fenêtres sans volets. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais c'est vraiment différent des vues aériennes des villes d'Europe.

 

 

 

Il fait bien moins froid que prévu : au moins 10°C à la place des 2°C attendus. A l'arrivée, le responsable de l'agence nous donne notre road book ainsi que les billets d'avions pour toute la durée du voyage, nous demandant de vérifier (il y a un vol par jour en moyenne). Nous faisons rapidement connaissance avec les autres du groupe. Nous attendons encore le norvégien qui vient avec un autre avion, puis prenons la direction de l'hôtel.

Bien que nous soyons vendredi, jour de repos des musulmans, la circulation est tout de même très dense. En fait, c'est le chaos. Une 2 voies se transforme rapidement en 3 voire 4 voies suivant le trafic. La signalisation au sol (lignes blanches, passages piétons,...) sont là pour décorer. Les motos roulent à contre sens, les piétons jouent à la corrida avec les voitures. Néanmoins, ce chaos est plutôt sympathique. Il n'y a que peu d'énervement. Une voiture fait demi-tour et bloque la chaussée dans les 2 sens ? qu'à cela ne tienne, tout le monde attend gentiment (en pressant un peu quand même) que le type termine sa manoeuvre. Eventuellement, ça klaxonne un peu, mais juste pour la forme. Bon et encore, ça c'est rien par rapport au boxon qu'il y a en journée...

 

 

 

A l'hôtel, on rempli un formulaire et on laisse notre passeport. Ce sera comme ça à chaque fois. On dîne rapidement ensemble (buffet au resto de l'hôtel) et puis, chacun étant fatigué par son voyage, on monte dans les chambres. Je n'ai pas à déballer ma valise, je repars dès le lendemain pour Yazd. Mon coloc de chambre, Richard (un anglais de Birmingham, prononcez donc "Rwitcharde") arrive vers 23h. On parle un peu, je m'habitude un tant soi peu à son accent incompréhensible et puis on dort.

 

 

 

 

un carrefour à Téhéran

 

 

 

 

 

la tour Azadi, un des premiers monuments qu'on remarque en arrivant à Téhéran

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

publié par francis dans: franzsblog
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